1914 : Loi martiale française en Alsace

Encore aujourd’hui, la propagande antigermanique raconte que durant la guerre la toute petite partie d’Alsace occupée par la France vivait dans la joie et l’euphorie des retrouvailles. L’autre partie vivait sous la botte allemande.

La ligne de front, stabilisée en 1914 n’a pas bougé durant toute la guerre. Le but principal de la présence militaire française n’était pas de conquérir toute l’Alsace mais de durcir les conditions de vie de ses habitants afin de leur faire haïr les Allemands. En zone occupée la vie n’était pas rose du tout.

« L’Alsace libérée » vivait sous un régime de dictature militaire

1914 : Arrestation des Alsaciens en zone occupée par la France.

Tous les hommes valides non mobilisés dans l’armée allemande ont été arrêtés en zone occupée par l’armée française. (Dannemarie, vallées de Thann-Saint-Amarin, Masevaux). Les industries des vallées se retrouvent en difficultés financières par l’arrestation de leurs ouvriers.

 « Les hommes mobilisables, même ceux du Landsturm, avaient été emmenés par nos troupes… Ces régions, spécialement les vallées, étaient, du fait de la guerre, privées d’hommes, tous les éléments mobilisables ayant été soit appelés sous les drapeaux ennemis, soit évacués en France au titre du Landsturm ».[1]

1914 : Édification de 70 camps de concentration en France.  

Entre 10 et 15.000  civils alsaciens, suspects sont raflés dans les zones de combats et parqués dans des camps de concentration : la seule possibilité d’en sortir fut de s’engager dans l’armée française. En cas de refus, ils sont maltraités. Sont également été incarcérés les ressortissants civils hommes femmes et enfants, des pays ennemis ou neutre, dont le plus célèbre est Albert Schweitzer, futur Prix Nobel de la Paix.

1/11/1914 : Les Alsaciens sont menacés d’être fusillés par l’armée française.

Après les congratulations, viennent les menaces. Le général Dubail, considère avec raison que les Alsaciens ne sont pas français et menace de les fusiller s’ils volent des biens militaires, s’ils sabotent des lignes téléphoniques ou s’ils aident l’armée de ce qui est officiellement leur pays. Il est interdit aux habitants de quitter leur localité entre six heures du soir et cinq heures le matin. Il est obligatoire de demander un valable trois jours maximum permis pour se déplacer. Les restrictions les pires sont  en zone frontalière. À noter que dans ce communiqué, l’armée prend toujours une majuscule quand elle est française.

Proclamation du général Dubail, commandant la 1ère armée :

« L’Armée française est entrée victorieuse en Alsace, après avoir repoussé victorieusement les Allemands. Les officiers et les soldats adressent aux Alsaciens un fraternel salut. Tous les Alsaciens ont accueilli l’Armée Française avec enthousiasme. Le général, commandant la 1ère Armée demande donc aux Alsaciens d’observer rigoureusement les prescriptions suivantes qu’il a déjà imposées aux Français ».« Il est interdit à tout civil de circuler en automobile ou motocyclette, à bicyclette ou à cheval, sans laissez-passer délivré par le Général commandant l’Armée. Toute infraction sera punie de la confiscation… et de l’internement du délinquant dans une forteresse… Toute personne qui circulera sans un permis régulier sera punie de l’internement dans une forteresse. Il est défendu aux habitants du pays de prêter d’une manière quelconque, aide et assistance à l’armée allemande. Seront fusillées toutes les personnes qui sans faire partie de l’armée allemande, ni en porter l’uniforme… En un mot, tous ceux qui causeront volontairement un préjudice à l’Armée Française ».

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8/11/1914 : Communiqué du gouverneur militaire de Belfort.

« Des classes de français vont être ouvertes dans les localités alsaciennes occupées. Elles seront dirigées par des sous-officiers ou des soldats instituteurs. Les classes en allemand continueront à fonctionner ».

La propagande raconte qu’en juillet 1870, les instituteurs d’Alsace congédiaient leurs élèves en pleurant. L’idée est reprise d’un conte d’Alphonse Daudet. En ce temps-là, l’école obligatoire n’existait pas encore en France, moins de 10% des Alsaciens comprenaient le français. Seule la bourgeoisie urbaine et les zones welches étaient francophones.

[1] Conférence d’Alsace-Lorraine 15/02/1915

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