L’empereur dgermanique Karl der Gross, rebaptisé Charlemagne dans les livres d’Histoire de France, parlait le francique, dont le berceau est le Palatinat, la Sarre, le nord de l’Alsace ainsi que la Moselle.

1618/1648 : Guerre de 30 ans.

L’Alsace n’est pas devenue française en 1648. Durant la guerre de 30 ans elle a été saccagée par les armées du roi de France puis annexée morceau par morceau dans le sang et les larmes durant 150 ans : depuis le traité de Westphalie en 1648 jusqu’à l’annexion de la République de Mülhausen[1] en 1798.

1632 : Invasion de l’Alsace par l’armée suédoise, financée par la France

1634 : Invasion de l’Alsace par les armées de Louis XIII

1648 : Traité de Westphalie

Le roi de France récupère les possessions de la Maison d’Autriche ainsi que des fonctions de préfet : En vertu de l’article 87 du Traité, Straßburg ainsi que les villes impériales du Zehnstädtebund  estiment à juste titre ne dépendre que de l’Empire, le roi n’a qu’un rôle de préfet. (Hagenau, Colmar, Kaysersberg, Landau, Münster, Obernai, Rosheim, Schlestadt, Türkheim, Weissenburg).

A la fin de la guerre de Trente Ans, l’Alsace est exsangue. La population a été décimée par les massacres, les épidémies et la famine. De nombreux villages ont été incendiés et rayés de la carte. Il ne reste plus que 250.000 habitants. La moitié des habitations sont détruites, le reste est dans un état lamentable, les champs sont en friche. Les paysans sont réfugiés dans les villes ou ont disparu. L’Alsace à perdu la moitié de ses habitants.

1651 : Louis XIV mécontent du Traité de Westphalie veut annexer toute l’Alsace.

Le roi annonce aux magistrats des Villes la nomination d’un Landvogt (gouverneur français).  Il les enjoint de reconnaitre le comte de Harcourt, qui a ordre de les  maintenir dans leurs anciens privilèges.

« Sur ce, Hagenau convoqua les Villes confédérées à Straßburg où il fut résolu qu’on n’accepterait point les reversales (ou lettres de garde du nouveau Landvogt), puisqu’elles ne faisaient nulle part mention du Saint-Empire-Germanique, dont les villes aux termes du traité de paix devaient rester membres immédiats. L’assemblée refusa également l’ancienne redevance impériale, que la France avait demandée. L’assemblée s’adressa à l’empereur Ferdinand III pour se plaindre du procédé dont usait le roi de France protecteur ».[1]

Les Villes d’Alsace refusent de reconnaitre l’autorité de Louis XIV

1666 : Ville libre d’Empire, Colmar frappe monnaie.

Un Thaler montrant une vue de la Ville, sa masse d’arme et l’Aigle impériale, signe de son appartenance à l’Empire.

1673 : Lettre de Condé à Louvois :                                                         

« Brizac, 30 juin 1673. Je ne puis m’empêcher de dire que l’autorité du roi se va perdant absolument dans l’Alsace. Les dix Villes Impériales, bien loin d’être soumises au roi, comme elles devraient l’être par la protection que le roi a sur elles par le traité de Munster, sont presque ennemies. La noblesse de la basse Alsace va presque le même chemin; Hagenau a fermé insolemment la porte au nez de M. de Mazarin, et la petite ville de Münster l’a chassé honteusement, il y a quelque temps; il a souffert ces deux affronts avec beaucoup de patience, cependant,  je crois que le roi devrait prendre le temps qu’il jugerait à propos pour mettre Colmar et Hagenau à la raison, ce serait une chose bien facile; les autres suivraient sans contredit leur exemple : c’est à Sa Majesté de juger quand le temps sera propre »[2]

 1673 : Les Villes Impériales du Zehnstädtebund demandent protection à l’Empereur.   

Les Villes ne sont pas du tout d’accord avec l’interprétation du Traité de Münster par le roi de France. Selon le Traité de Münster, Louis XIV est le vassal de l’Empereur et n’a qu’une fonction de préfet. L’abbé de Gravelle, ambassadeur et espion du roi de France, envoie ses rapports sur la tenue des Diètes (Landtag).

1674 : les murailles des Villes impériales sont démolies par l’armée du roi

1675 : Massacre des habitants de Türkheim par l’armée de Turenne

 1677 : Louis XIV donne l’ordre de dévaster l’Alsace pour bloquer l’armée lorraine.

« Le Roi ayant considéré ces choses mûrement, résolut non-seulement de faire faire le dégât dans toute l’Alsace, afin que les ennemis n’y trouvassent plus rien, mais encore de faire abattre les maisons, afin que le pays ne ressemblât plus qu’à un désert. Cependant on en avertit les peuples, afin qu’ils eussent le temps de retirer leurs meubles & leurs bestiaux, car dans l’envie que l’on avait d’incommoder les ennemis, l’ordre était de ne pas laisser une maison debout. Cet ordre fut exécuté avec tant de rigueur, que c’était grande pitié de voir de pauvres familles porter un méchant lit sur leurs épaules avec quatre ou cinq pauvres petits enfants, sans savoir où aller coucher, car après avoir découvert leurs maisons, et y avoir mis le feu, on ne voulait encore souffrir qu’ils demeurassent dans les ruines. La plupart se retirèrent dans les bois, où ils moururent de faim & de pauvreté ; ceux qui réchappèrent n’avaient plus de quoi vivre, prirent un fusil pour faire la guerre aux bêtes aussi bien qu’aux passants, mais c’était ce que la Cour demandait, afin que les ennemis s’écartant, ils ne retournassent pas tous à leur armée ».[3]

 1677 : Destruction de Hagenau, ancienne capitale de l’empereur Barbarossa

Louis XIV en personne a donné l’ordre de détruire la ville de Hagenau. La raison profonde est qu’il ne supportait pas l’existence d’un palais impérial, la Kaiserpfalz de Friedrich Barbarossa, sur ce qu’il considérait comme sa propriété.

1679 : DISSOLUTION DES VILLES IMPERIALES DU ZEHNSTÄDTEBUND.

1681 : Annexion de la République de Straßburg par la France

Malgré le Traité de paix de 1679, signé à Nimègue entre l’empereur du Saint-Empire-Germanique Leopold et le roi Louis XIV, celui-ci décide, sans aucune déclaration de guerre, de s’approprier la République de Straßburg.

1788 : Le royaume de France avant la Révolution française

Administration fiscale du royaume de France. À la veille de la Révolution, la moitié de l’Alsace appartient au roi de France, un quart à l’évêque de Straßburg et un quart aux Princes-Possessionnés allemands. La région est considérée comme une province étrangère, voire un pays étranger, située hors du royaume de France et appartenant au roi. Les Alsaciens sont les sujets allemands du roi de France.

MAP 1789

 

 

 

 

[1] GUERBER Victor – Histoire politique et religieuse de Hagenau (1876)

[2] VANHUFFEL : Documents inédits concernant l’histoire de France & particulièrement l’Alsace et son gouvernement sous le règne de Louis XIV (1840)

[3]  H-H : Histoire de la guerre de Hollande (1689)

 

 

 

 

 

 

 

A SUIVRE

 

 

 

 

 

 

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