Normalement le 11 novembre en Alsace, on devrait fêter la Saint-Martin, pas nos anciens ennemis. Les Alsaciens sont sommés d’honorer ceux qui ont tués leurs aïeux.
Le Roman national parle de Libération des frères retrouvés, en novembre 1918. En réalité l’Alsace est occupée par l’armée française qui impose un régime de dictature. Enquêtes policières, tri de la population, cartes d’identité discriminatoires, expulsions…
Le retour des soldats alsaciens-lorrains dans leur Heimat est d’une grande violence. Afin d’éviter tout mouvement de contestation lors des défilés de l’armée française, les Feldgrauen démobilisés sont été arrêtés et séquestrés dans des casernes. Leurs insignes et médailles militaires sont confisqués.
Les Feldgrauen, prisonniers de guerre en France ne sont pas libérés mais transférés et enfermés dans des casernes à Colmar, Metz et Straßburg. Déguisés en Poilus ils ont été obligés de défiler en ville. Jusqu’à la ratification du Traité de Versailles, ils sont considérés comme des prisonniers ennemis.
Par contre, la France a exigé la libération immédiate de ses Poilus prisonniers. De fréquences bagarres éclatent entre les anciens Feldgrauen et les Poilus qui les traitent de boches. Les anciens Feldgrauen sont menacés d’être incarcérés en France au moindre faux-pas.
L’annexion française est d’une grande violence.
Les rues principales des communes sont rebaptisées du nom de militaires responsables de la mort des Feldgrauen et d’une partie de la population civile. En effet, les aviateurs effectuaient des vols de représailles sur les villes lorsqu’un de leurs avions était abattu.
Soixante-dix pour cent des Feldgrauen morts à la guerre ont été tués en France ou en Belgique. Ils ne sont pas enterrés dans les tombes familiales. L’État a imposé de franciser leurs prénoms sur les monuments aux morts. Les seuls prénoms légaux sont ceux qui figurent dans les registres d’état-civil.
Depuis 1923, tous les onze novembre, les communes sont sommées d’honorer leurs anciens ennemis devant leurs monuments aux morts avec musiques militaires et drapeaux.
Jusque dans les années 50, l’armée française défilait dans les rues des grandes villes. Les anciens combattants Alsaciens-Lorrains restaient chez eux.
Plus de 100 ans après la fin des hostilités les cérémonies officielles à la mémoire de nos morts sont toujours interdites.


